Mont Ventoux à vélo : 3 ascensions de référence
Le Géant de Provence attire les cyclistes du monde entier, mais chaque versant a son caractère. Après des dizaines de montées et d'échanges avec les passionnés qui logent chez nous, voici le guide complet des trois ascensions du Mont Ventoux : profils, difficultés, conseils pratiques, et ce que personne ne vous dit av…
Le Mont Ventoux à vélo : mythe, défi, et trois façons de souffrir
Le Géant de Provence culmine à 1910 mètres et attire chaque année des milliers de cyclistes venus défier ses pentes. Après avoir accueilli des dizaines de passionnés dans nos appartements à Avignon et échangé sur leurs ascensions — réussies ou avortées —, on a compilé ce guide complet des trois versants mythiques : Bédoin, Malaucène, Sault. Voici ce que vous devez savoir avant de vous lancer.
Les trois ascensions : profils et caractères
Bédoin : la référence mythique (et la plus dure)
Profil : 21,5 km, 1610 m de dénivelé positif, pente moyenne 7,5 %, passages à 10-12 %.
Bédoin est l’ascension légendaire, celle du Tour de France, celle qui a vu les exploits de Pantani, Armstrong, Froome. Elle démarre tranquillement dans le village, puis attaque sérieusement à partir du km 6 : 9 kilomètres dans la forêt de cèdres et de pins, avec des pentes soutenues (8-10 %) et des passages à 12 % (notamment au km 10-11, le fameux “mur de Bédoin”). Peu d’ombre malgré les arbres, chaleur étouffante en été.
Au km 15, vous sortez de la forêt au chalet Reynard (seul point de ravitaillement, fontaine d’eau). Les 6 derniers kilomètres traversent la lande lunaire : cailloux blancs, végétation rase, exposition totale au vent et au soleil. La pente se maintient à 8-9 %, et le sommet semble ne jamais se rapprocher. C’est là que beaucoup craquent, physiquement et mentalement.
Notre avis : Bédoin est un rite de passage pour tout cycliste qui se respecte. Mais c’est aussi l’ascension la plus exigeante : pente irrégulière, chaleur, vent, longueur. Si c’est votre première fois sur le Ventoux, envisagez Sault ou Malaucène d’abord.
Malaucène : plus régulière, plus ombragée
Profil : 21 km, 1570 m de dénivelé positif, pente moyenne 7,5 %, plus régulière que Bédoin.
Malaucène part du nord, traverse le village pittoresque, puis attaque par une route plus large et mieux ombragée que Bédoin. La pente est plus constante (7-8 % sur la majorité du parcours), avec moins de pics violents. Vous restez en forêt jusqu’au km 13 environ, ce qui offre un peu de fraîcheur.
Les 8 derniers kilomètres rejoignent la lande et les lacets finaux communs aux trois versants. Le vent peut être violent (mistral du nord), mais la régularité de la pente permet de trouver un rythme plus facilement qu’à Bédoin.
Notre avis : Malaucène est un excellent compromis. Moins mythique que Bédoin, mais plus agréable à grimper : meilleure ombre, pente plus constante, moins de circulation. Si vous voulez “faire le Ventoux” sans la torture de Bédoin, c’est le bon choix. Et vous pouvez toujours descendre par Bédoin pour goûter à la légende.
Sault : la plus longue, la plus douce
Profil : 26 km, 1220 m de dénivelé positif, pente moyenne 4,7 %, jamais au-dessus de 8 %.
Sault part du plateau éponyme (altitude déjà 750 m), traverse les champs de lavande (spectaculaires en juillet — voir notre article sur la floraison de la lavande), puis monte progressivement par une route large et bien revêtue. La pente ne dépasse jamais 7-8 %, et la majorité du parcours oscille entre 4 et 6 %.
Les 5 derniers kilomètres rejoignent les lacets finaux communs, avec une pente qui se redresse un peu (7-8 %). Mais globalement, Sault est l’ascension la plus “roulante” : vous pouvez garder un braquet confortable, admirer le paysage, et arriver au sommet sans avoir tout donné.
Notre avis : Sault est parfait pour une première ascension, pour les cyclistes moins entraînés, ou pour ceux qui veulent profiter du paysage sans souffrir le martyre. C’est aussi l’ascension idéale en vélo électrique (VAE) : vous montez tranquillement, vous croisez les champs de lavande, et vous savourez le sommet sans épuisement.
Conseils pratiques pour réussir votre ascension
Préparation physique et matériel
Le Ventoux n’est pas un col comme les autres. L’altitude (1910 m), la longueur (20-26 km selon le versant), et l’exposition (vent, soleil) en font un défi sérieux. Voici ce qu’on recommande :
- Entraînement : si vous n’avez jamais grimpé de col de montagne, entraînez-vous sur des montées longues (10-15 km) avant de tenter le Ventoux. Travaillez l’endurance, pas la puissance : vous devez tenir 2-4 heures d’effort continu.
- Vélo : un triple plateau ou un compact (39x28 minimum) est indispensable. Les puristes montent avec un 39x25, mais ils souffrent. Freins en excellent état : la descente est longue (20 km) et raide (8-10 %), avec des virages serrés.
- Équipement : 2-3 bidons d’eau (il fait chaud, vous transpirez beaucoup, et il n’y a qu’une fontaine au chalet Reynard), barres énergétiques, crème solaire (indice 50), lunettes de soleil, coupe-vent léger (15-20 °C de différence entre le bas et le sommet). Un casque, évidemment.
Quand grimper : météo et saison
Le Ventoux est ouvert à la circulation d’avril à novembre environ (fermeture hivernale selon l’enneigement). Les meilleures périodes :
- Mai-juin : températures clémentes (15-25 °C), peu de vent, route peu fréquentée. Les champs de lavande ne sont pas encore en fleur, mais le paysage est verdoyant.
- Juillet-août : chaleur extrême (30-35 °C en bas, 15-20 °C au sommet), mistral violent possible, route saturée de cyclistes, motos, et voitures. Si vous y allez, partez à l’aube (6h-7h) pour éviter la chaleur et la foule.
- Septembre-octobre : températures idéales (15-25 °C), moins de monde, couleurs d’automne magnifiques. Attention au vent (mistral fréquent en automne).
Consultez la météo la veille : le mistral peut souffler à 80-100 km/h au sommet, rendant l’ascension dangereuse (et la descente terrifiante). Si les prévisions annoncent mistral fort, reportez.
Stratégie de montée : gérer l’effort
Le Ventoux se gagne dans la tête autant que dans les jambes. Voici nos conseils :
- Démarrez doucement : les 5 premiers kilomètres de Bédoin sont faciles, ne vous emballez pas. Gardez de l’énergie pour la forêt (km 6-15) et surtout pour les 6 derniers kilomètres (lande).
- Trouvez votre rythme : visez 60-70 % de votre fréquence cardiaque maximale dans la forêt, 70-80 % dans la lande. Si vous êtes en zone rouge avant le chalet Reynard, vous allez exploser.
- Hydratez-vous : buvez toutes les 10-15 minutes, même si vous n’avez pas soif. La déshydratation est la première cause d’abandon sur le Ventoux.
- Mangez : une barre énergétique toutes les 30-45 minutes. Pas de gros repas avant la montée (digestion difficile en effort), mais un petit-déjeuner copieux 2-3 heures avant.
- Acceptez la souffrance : les 6 derniers kilomètres sont mentalement éprouvants. Le sommet semble ne jamais arriver, le vent vous ralentit, le soleil tape. C’est normal. Pédalez coup de pédale après coup de pédale, ne pensez pas au sommet, pensez au virage suivant.
Descente : attention danger
La descente du Ventoux est technique et dangereuse. Route étroite, virages serrés, pente raide (8-10 %), gravillons dans les virages. Chaque année, des cyclistes se blessent gravement en descendant trop vite.
- Freinez avant les virages, pas dans les virages. Alternez freinage avant et arrière pour éviter la surchauffe des jantes (ou des disques).
- Restez concentré : pas de photos, pas de regards sur le paysage. Yeux sur la route, mains sur les freins.
- Méfiez-vous des motos : elles remontent vite, doublent dans les virages, et ne vous voient pas toujours. Tenez votre droite.
- Si vous avez peur, arrêtez-vous régulièrement pour laisser refroidir les freins et reprendre vos esprits. Aucune honte à descendre lentement.
Les erreurs classiques (et comment les éviter)
Partir trop vite
La tentation est grande de suivre le rythme d’un groupe ou de vouloir “en finir vite”. Résultat : vous explosez au km 15, et les 6 derniers kilomètres deviennent un calvaire. Montez à votre rythme, même si ça veut dire laisser partir les autres.
Sous-estimer le vent
Le mistral peut souffler à 60-80 km/h au sommet, vous ralentissant de 5-10 km/h. Dans la lande (6 derniers km), le vent de face peut transformer une pente à 8 % en pente à 12 % ressentie. Consultez les prévisions (Windy.com est fiable), et si mistral fort annoncé, reportez.
Oublier l’eau et la nourriture
La déshydratation et l’hypoglycémie sont les deux causes principales d’abandon. Emportez 2-3 bidons (vous pouvez remplir au chalet Reynard, km 15 depuis Bédoin), et mangez régulièrement. Pas de “je mangerai au sommet” : vous n’y arriverez pas.
Négliger la descente
Beaucoup de cyclistes se concentrent sur la montée et négligent la descente. C’est une erreur : la descente est technique, longue, et fatigante (bras, mains, concentration). Vérifiez vos freins avant de partir, et descendez prudemment.
Combiner l’ascension avec un séjour en Provence
Le Ventoux se trouve à environ 50 km d’Avignon (1h en voiture jusqu’à Bédoin). Si vous logez chez nous dans le Quartier des Teinturiers, voici comment organiser votre journée :
- Veille : dîner léger (pâtes, riz), coucher tôt. Préparez votre vélo, vérifiez les freins, gonflez les pneus.
- Jour J : réveil 5h30-6h, petit-déjeuner copieux (pain, confiture, banane, café), départ 6h30-7h. Arrivée à Bédoin vers 7h30-8h, début de l’ascension 8h. Sommet vers 10h-12h selon votre niveau. Descente, déjeuner à Bédoin ou Malaucène (terrasses, restaurants), retour Avignon en fin d’après-midi.
- Lendemain : repos, visite d’Avignon à pied (Palais des Papes, marché des Halles), massage si besoin (plusieurs cabinets en ville).
Si vous restez plusieurs jours, combinez le Ventoux avec une visite des villages perchés du Luberon, une dégustation à Châteauneuf-du-Pape, ou une balade dans les champs de lavande (juillet).
Location de vélo et VAE : rendre l’ascension accessible
Plusieurs loueurs à Bédoin, Malaucène et Sault proposent vélos de route et vélos électriques (VAE). Les VAE ont révolutionné l’accès au Ventoux : avec une assistance électrique, l’ascension devient accessible à tous, même aux cyclistes occasionnels. Vous montez tranquillement, vous profitez du paysage, et vous arrivez au sommet sans épuisement.
Quelques règles de courtoisie si vous montez en VAE :
- Respectez les cyclistes traditionnels : ne doublez pas dans les épingles, laissez la priorité en montée, ne coupez pas la route.
- Gérez votre batterie : une ascension complète (20-26 km) consomme 50-80 % de la batterie selon le mode d’assistance. Prévoyez large, surtout si vous comptez redescendre par un autre versant.
- Profitez : le VAE vous permet de lever les yeux, de parler avec vos compagnons, de savourer le paysage. C’est une autre façon de vivre le Ventoux, tout aussi valable.
Le Ventoux, plus qu’un col : un symbole
Grimper le Mont Ventoux à vélo, c’est rejoindre une communauté de passionnés qui partagent la même souffrance, la même fierté, le même respect pour ce géant de pierre. Que vous montiez par Bédoin, Malaucène ou Sault, en vélo de route ou en VAE, vous vivrez un moment intense, éprouvant, et inoubliable.
Si vous préparez votre ascension et cherchez un pied-à-terre confortable à Avignon — à 50 km du Ventoux, au cœur de la Provence —, nos appartements Lavande Évasion, Lavande Dorée et Cinéma Provence vous accueillent avec tous les conseils pratiques pour réussir votre défi. On connaît les meilleurs loueurs de vélos, les itinéraires, les pièges à éviter. Et après l’effort, vous profiterez du charme du Quartier des Teinturiers, à deux pas des meilleurs restaurants d’Avignon. Bon courage, et que la route vous soit favorable !
À propos de cet article
Quelle est l'ascension la plus difficile du Mont Ventoux ?
Bédoin est la plus dure : 21,5 km, 1610 m de dénivelé positif, pente moyenne 7,5 % avec des passages à 10-12 % dans la forêt (km 6 à 15). Les 6 derniers kilomètres sur la lande lunaire, exposés au vent et au soleil, achèvent beaucoup de cyclistes. C'est l'ascension mythique du Tour de France, mais aussi la plus exigeante physiquement et mentalement.
Quel versant du Ventoux choisir pour une première ascension ?
Sault est le versant le plus accessible : 26 km, 1220 m D+, pente moyenne 4,7 %. Plus long mais moins pentu, il traverse le plateau de Sault (champs de lavande en juillet) avant de rejoindre les lacets finaux. Idéal pour une première expérience ou si vous n'êtes pas un grimpeur confirmé. Malaucène est un bon compromis : plus court que Sault, plus régulier que Bédoin.
Quand grimper le Mont Ventoux à vélo en 2026 ?
Mai-juin et septembre-octobre sont les meilleures périodes : températures clémentes (15-25 °C), moins de circulation, risque de vent modéré. Évitez juillet-août : chaleur extrême (30-35 °C en bas, 15-20 °C au sommet), mistral violent possible, et route saturée de cyclistes et motos. Le sommet peut être fermé en hiver (neige, verglas) de novembre à avril.
Combien de temps faut-il pour monter le Ventoux à vélo ?
Cela dépend de votre niveau et du versant. Bédoin : 1h30-2h30 pour un cycliste entraîné, 2h30-4h pour un amateur. Malaucène : temps similaire. Sault : 2h-3h30 selon le niveau. Les pros du Tour montent Bédoin en 55-65 minutes. Prévoyez toujours 30 min de plus que votre estimation : le vent, la chaleur et l'altitude ralentissent tout le monde.
Que faut-il emporter pour grimper le Ventoux ?
Indispensable : 2-3 bidons d'eau (il n'y a qu'une fontaine au chalet Reynard, km 15 depuis Bédoin), barres énergétiques, crème solaire, lunettes de soleil, coupe-vent (15-20 °C de différence sommet/base), kit de réparation. Vêtements : maillot respirant, cuissard de qualité, gants. Vélo : triple plateau ou compact (39x28 minimum), freins en bon état (descente longue et raide).
Peut-on louer un vélo pour monter le Ventoux ?
Oui, plusieurs loueurs à Bédoin, Malaucène et Sault proposent vélos de route et vélos électriques (VAE). Comptez environ 40-60 € la journée pour un vélo de route, 60-80 € pour un VAE. Réservez à l'avance en haute saison. Les VAE rendent l'ascension accessible à tous, mais respectez les cyclistes traditionnels (ne doublez pas dans les épingles, laissez la priorité en montée).